Plusieurs fondations et organismes récoltent la majorité de leurs dons grand public auprès d’une cible assez précise. En effet, on estime qu’au Canada 74 % des sommes sont versées par des donateurs de 50 ans et plus[1]. Toutefois, les plus jeunes générations (18-35 ans) sont prêtes à faire leur part et forment un public qu’il vaut la peine de cibler, puisqu’elles prendront le relais des générations de donateurs actuels.

Portrait rapide des jeunes générations

Milléniaux ou génération Y

âgés de 18 à 35 ans, forment 24 % de la population canadienne

Génération Z

âgés de 20 ans et moins

 

  • Constamment connectés, la technologie fait partie intégrante de leur vie
  •  À la recherche de gratification instantanée (ex. mentions « j’aime » ou followers sur les médias sociaux) et d’expériences à vivre et partager
  •  Font face à une infinité de possibilités (emplois disponibles, information illimitée disponible en un seul clic, même trouver l’amour passe maintenant par le web!)
  •  Ils veulent savoir comment leur geste contribuera concrètement à la cause
  •  Peu fidèles à une cause ou à une marque, à moins d’être totalement convaincus
  •  Valeurs : simplicité, efficacité, rapidité, avant-gardisme[2]

 

Des générations qui veulent s’impliquer

Selon un rapport de la Fondation Rideau Hall, les motivations des jeunes sont bien présentes : compassion pour les gens dans le besoin, engagement personnel pour une cause et désir de contribuer à la collectivité. Cependant, cette génération est plus rarement sollicitée, n’est pas rejointe de façon efficace (par les bons moyens) et ne sait pas à qui et où donner.

De plus, bien que les donateurs plus âgés donnent souvent davantage, ces derniers tendront à diminuer avec le temps, ce qui nécessite un rafraîchissement constant de votre base de données. Ces donateurs sont également hyper-sollicités et leur capacité à donner n’est pas illimitée. Avec l’âge, la diminution de revenus, ils peuvent aussi être amenés à cesser leurs dons. Il suffit d’observer une courbe démographique pour mesurer combien l’enjeu du rajeunissement des bases de données est primordial.

 

Voici donc quelques stratégies à mettre en place pour mieux rejoindre cette catégorie de donateurs sous-sollicitée.

Organiser des événements

Depuis quelques années, les événements sportifs ont la cote pour réunir les groupes de jeunes qui veulent s’impliquer plus concrètement que par un simple don ou un chèque. Courses, marches, défis, tous sont de bons moyens d’inciter les jeunes à agir et donner. De plus, notamment grâce au peer-to-peer intégré à ces événements, la personne impliquée rallie ses amis, sa famille et ses collègues ce qui offre encore davantage de notoriété et de dons à votre cause.

Les jeunes générations sont à la recherche de moyens de démontrer leur implication aux autres, des occasions qu’ils peuvent partager sur les réseaux sociaux ou qui sont en lien avec leurs valeurs (voir encadré ci-dessus).

Utiliser les médias sociaux

L’endroit où sont constamment les jeunes générations. Dépendamment de leur âge, les plateformes les plus fréquentées par ces derniers sont Facebook, YouTube, Snapchat et Instagram (voir l’infographique à ce sujet).

Vous devriez donc être présent et actif sur au moins une de ces plateformes pour davantage de chances d’atteindre les 18-35 ans. Les vidéos et photos attirent davantage l’attention que les simples statuts ou liens sans visuels.

Donnez-leur du contenu qu’ils pourront commenter et partager.

Avoir une présence accrue sur le web

En 2018, non seulement faut-il avoir un site web, mais bien s’assurer que celui-ci soit efficace et à jour. Ce dernier constitue votre première impression et une des portes d’entrée principale de vos donateurs potentiels, encore plus particulièrement pour les jeunes générations.

  • Votre outil de don en ligne est-il fonctionnel?
  • Votre image de marque ainsi que le design de votre site web sont-ils attrayants et modernes?
  • La navigation est-elle simple et fonctionnelle (design adaptatif, menus intuitifs, chargement rapide des pages, information accessible en peu de clics)?

Vous avez intérêt à songer à ces points afin de séduire une clientèle plus jeune.

Embrasser la nouveauté : osez faire différent!

Oubliez les tournois de golf et les soupers homard, les jeunes veulent de l’originalité, du challenge et surtout vivre des expériences. Le Bal Salé, organisé par la Jeune Société de Sherbrooke, en est un bon exemple. Cet événement, dont les profits vont à des causes jeunesse, possède une thématique originale qui varie chaque année et il réussit à rallier plusieurs jeunes professionnels. Ces derniers profitent d’une soirée festive unique, où ils peuvent se mettre sur leur 36 et passer des moments mémorables avec leurs amis et collègues. L’événement a permis d’amasser 150 000 $ depuis 5 ans.

Osez mettre en place des idées et campagnes de financement concrètes, différentes et originales qui suscitent l’émotion, qui sont humoristiques et qui peuvent facilement être partagées sur le web et les médias sociaux.

Rallier les jeunes philanthropes

Des regroupements de jeunes philanthropes voient de plus en plus le jour, particulièrement dans le milieu culturel. En créant des groupes de ce genre, les fondations créent des possibilités pour les jeunes de s’impliquer et des occasions propices au réseautage, deux possibilités que plusieurs jeunes professionnels recherchent lorsqu’ils débutent leur carrière. Ils s’y sentent à l’aise, étant entourés de personnes qui leur ressemblent et qui ont la même vision des choses qu’eux. Leurs idées peuvent rafraîchir votre vision et vous apporter des idées innovantes. Leur implication facilitera également votre approche auprès des jeunes générations.

Organiser un concours

Les concours sont une bonne façon d’attirer l’attention des étudiants et jeunes professionnels. En les invitant à soumettre une vidéo, un projet ou une idée, vous aurez une bonne notoriété auprès de ces derniers et pourrez ainsi faire connaître votre cause auprès de ces cibles.

Les concours sont aussi un bon moyen de faire du bruit sur les médias sociaux et de susciter l’intérêt des médias. Il faut toutefois faire attention à ne pas en abuser, car cela peut devenir lourd pour vos abonnés!

Adapter vos messages

Finalement, pour bien vous adresser aux jeunes vos messages doivent être adaptés. Oubliez les longs rapports annuels et les lettres de sollicitation formelles et optez pour un ton léger, humoristique (si votre cause s’y prête), accrocheur et dynamique. Vous devez aller droit au but, être transparent et démontrer concrètement en quelques phrases pourquoi ils doivent s’impliquer, ce que leur implication permettra etce qu’elle leur apportera en retour. Gardez en tête leurs valeurs mentionnées en début d’article. Donnez-leur des témoignages qui appuient vos dires. L’emploi du tutoiement peut être utilisé avec les plus jeunes (moins de 25 ans) pour créer un sentiment de proximité, mais le vouvoiement est à prioriser si l’on souhaite se faire prendre plus au sérieux.

Privilégiez des interactions de qualité et variées, car une approche de sollicitation trop agressive les refroidira complètement!

Les jeunes donateurs font-ils partie de vos efforts de financement?

Appliquez ces quelques conseils ou communiquez avec notre équipe pour en savoir plus, afin de leur donner une place plus importante dans votre base de données!

[1] https://quebec.huffingtonpost.ca/david-johnston/organismes-caritatifs-donateurs-vieillissants_a_23409060/
[2]https://isarta.com/infos/?p=41823

 


Sources

CAUSES & CO. « Le donateur traditionnel est-il mort », http://causesandco.com/2018/01/12/le-donateur-traditionnel-est-il-mort/
HUFFINGTON POST. « Les organismes caritatifs puisent dans un bassin de donateurs vieillissants », https://quebec.huffingtonpost.ca/david-johnston/organismes-caritatifs-donateurs-vieillissants_a_23409060/
INSTITUT MALLET. « Renforcer la culture philanthropique chez les jeunes », http://institutmallet.org/wp-content/uploads/Portrait-jeunesse1.pdfISARTA. « Les détaillants devront s’adapter aux jeunes! », https://isarta.com/infos/?p=41823LE DEVOIR. « L’action doit accompagner le don ». https://www.ledevoir.com/societe/consommation/426731/consommation-l-action-doit-accompagner-le-don

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